Cérémonies

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« Sa vie durant, le grand rabbin Roitman a fui les honneurs. Ce décorum ne convenait ni à son caractère, ni à son emploi du temps. Au cours des années, cependant, ses ’hanikhim et ses nombreux disciples ont spontanément organisé autour de lui des fêtes ou rencontres pour lui dire leur affection. Quand il quitte Paris, en 1970, c’est toute la communauté parisienne qui est soulevée du besoin de lui exprimer sa gratitude et les manifestations se multiplient. En Israël, à plusieurs occasions, des « anciens » se rendent à Jérusalem, de tous les coins du pays, pour le retrouver. Chaque fois, la rencontre est préparée en secret, et Paul Roitman est attiré sur les lieux sous le prétexte d’une prétendue réunion de travail. C’est après son décès, alors qu’il n’est plus là pour protester, que les cérémonies s’organisent. Nous en mentionnons ici quelques-unes »

Inauguration du Centre Paul Roitman à Paris

C’est sur l’initiative de Michel Gurfinkiel, à l’époque président du Bné Akiba de France, que le local du mouvement, 12 rue de Lorraine, reçoit le nom de Centre Paul Roitman. Une émouvante cérémonie se déroule à Paris, quelques mois après le décès du grand- rabbin. De nombreux officiels et amis sont présents : M. Claude-Gérard Marcus, le grand- rabbin Alain Goldman, l’ambassadeur David Kornbluth et d’autres. Le général Robert Munnich vient s’asseoir aux côtés de Mme Léa Roitman, qui a fait le voyage de Jérusalem.

Allocution de Betty Rojtman

(Inauguration du Centre Paul Roitman, 25 novembre 2007)


Chère Maman, chers amis, ’havérim et ’havérot,

Imaginons aujourd’hui que papa est avec nous. Oui, assis là, avec ses petits yeux plissés d’un sourire, à la fois heureux de retrouver ses anciens, et conscient de l’énormité de la situation, qui hausse à demi les épaules : « mais enfin, c’est ridicule ! » Il est là, il a déjà repéré les jeunes, au fond de la salle, « - et toi, de quelle ville ? Oran ? J’ai bien connu Oran. - Mais alors, tu serais un petit cousin des Bénichou? - Et toi, Anvers ? Ah, vous, les Anversois, j’espère que vous êtes devenus un peu plus sérieux ! Ce n’est pas ton groupe que j’ai voulu renvoyer du ma’hané? » Tandis que nous bavardons, il mesure de l’œil les dimensions du local, son potentiel géographique et humain. Déjà, il imagine, il voit le snif remuant et joyeux, comment faire mieux, plus vite, attirer les jeunes, noyauter le quartier. Cours de parents d’élèves, contact avec les autorités, -et peut-être un mini-séminaire de formation de cadres, dans la proche banlieue. Même deux jours, cela suffirait, cela permettrait d’insuffler un premier élan. Et puis, avec ceux qui reviendraient…Déjà, il n’est plus tout à fait avec nous : occupé à combiner, à mijoter une de ses idées extraordinaires et impraticables, une de ces idées qui font dire à maman : mais tu es fou !

Une de ces idées que seul papa pouvait avoir, parce qu’il fallait y croire, envers et contre tout. Parce qu’il fallait les aimer, ces jeunes galopins, sentir en quelques minutes de dialogue tout ce qu’ils recélaient en eux de force active, tout ce que l’éducation allait faire lever. Sa formule, au fond, était très simple. Dans tout adolescent, issu du milieu le plus assimilé, il y avait un juif authentique, ardent comme lui, un juif conscient et solidaire, fier de son appartenance. Il suffisait de le réveiller. Alors papa fonçait. Continuer la chaîne, reconstituer, à force d’audace et d’endurance, la mosaïque lacunaire de notre peuple.

Sa première arme était le chant. Il cherchait le ton juste, pas trop haut, parce que le refrain risquait de nous entraîner vers des registres trop aigus, mais pas trop bas non plus, pour rester dans une atmosphère entraînante et vive. Plus fort qu’une simple mise en train, le chant nous prenait à la gorge, à la poitrine. Dans la voix de papa, si profonde et si belle, il y avait toute l’histoire du peuple juif, des images de shtetl, de rues bourdonnantes, de fidèles en prière. Il y avait aussi de grandes étendues de soleil, des routes, des pionniers, des drapeaux. Par ces chants, nous partions en voyage, nous faisions partie d’un tout, soudain fraternels, et participants de je ne sais quel grand secret, quelle grande aventure qui nous réunissait. Par son chant, papa nous entraînait vers des régions vibrantes, des siècles se pressaient en nous, le chabbat montait de mille bougies. C’était sa méthode, oui : nous faire éprouver à même notre respiration que nous n’étions pas seuls, qu’Israël soufflait en nous.

Après, il n’y avait plus qu’à dérouler. Le ma’hané, les réunions, l’oneg chabbat. Ce n’étaient pas seulement des jeux, des excursions ou le mifkad : de ville en ville, de pays en pays, d’année en année, quelque chose en nous s’élargissait, dépassait nos petites habitudes étriquées, nous portait vers l’ensemble. A travers le temps, à travers autrui, la grande âme de notre père se projetait en nous, et nous faisait comprendre qu’il y a toujours au-delà, plus loin que le bien-être ou l’évidence immédiate. En chacun, il allumait la petite étincelle d’éternité.

Oui, s’il faut chercher le nœud secret de ces réalisations innombrables, aux quatre coins de l’Europe ou de l’Afrique du Nord, auprès des couches sociales les plus diverses, des communautés les plus disparates, cela tient sans doute à cette rencontre, en lui, de l’idéal et du faire, de l’utopie et de l’action concrète. Il fallait avoir des idées, bien sûr, mais il fallait aussi savoir les réaliser. Aussi démesuré fût-il dans son imaginaire, notre père était infiniment précis, méticuleux, dans son approche du réel. Il vérifiait chaque détail, se souciait de l’intendance, de la pédagogie, de l’administration. Il fallait songer à tout, convaincre les parents, trouver une bâtisse, rédiger des brochures. Il fallait voyager, mobiliser, mettre sur pied. Et papa songeait à tout, en véritable yekke d’honneur, à qui l’on pouvait toujours faire confiance.

Cette vertu d’organisation, ce talent de madrikh-né, cet esprit clair et concis, qui va droit à l’essentiel, n’auraient pourtant pas suffi, comme ils ont fait, à soulever des montagnes. Encore y fallait-il cette seconde dimension de sa personnalité : le rêve, l’épopée, et comme une voyance subtile des grands moments de l’histoire. Ou plus justement, c’est parce que l’une imprégnait l’autre que Paul Roitman a été plus qu’un homme d’éducation exceptionnellement doué, plus qu’un chef communautaire ou un grand administrateur. Car l’alliage en lui du réalisme et de la vision créatrice était une donnée fondamentale de son être, et il le vivait comme une vérité unique. Dans la partie, il voyait le tout, il reliait le quotidien au collectif, à l’héritage d’Israël et à sa légende. Un snif du Bné, même le plus petit, ce n’était pas seulement un snif, c’était l’avenir, un élément dans une construction gigantesque. Un enfant, même le plus démuni, c’était le monde entier. Chacune de ses entreprises et de ses fonctions, chacune des besognes, même les plus humbles, qu’il s’assignait, prenait sa source à quelque eau vive de la pensée et de la foi. C’est pourquoi il ne fut jamais un fonctionnaire de la communauté, un rond de cuir du peuple juif – mais « Paul », un combattant solitaire, atypique, inclassable, Paul l’outsider, l’inventeur, qui ne ressemblait à personne.

Sans doute Paul Roitman a-t-il été un grand homme. Mais sa vraie grandeur fut de ne pas le savoir, de vivre avec nous sa vie simple et humaine, dans laquelle chacun pouvait entrer. Papa fréquentait des ministres, des barons, des hommes d’Église. Mais pour chacun il était le même, il ne se départait pas de son franc parler, de ses convictions, de ses colères. Il était Paul, et il avait le temps pour chacun. Alors qu’il assumait des responsabilités à l’échelle européenne, il trouvait moyen de partir chaque dimanche à des dizaines de kilomètres de chez lui, pour préparer un petit garçon inconnu à la Bar-Mitzva. Il offrait à un jeune juif isolé, tous les matins trois semaines durant, le séminaire de pédagogie dont celui-ci avait besoin. Être grand, c’était savoir être petit, ne pas déléguer, ne pas hiérarchiser les tâches ni les besoins, prendre les urgences comme elles venaient.

Je l’ai vu, à près de soixante ans, s’asseoir avec de jeunes enfants des quartiers pauvres de Jérusalem. Nous avions essayé, nous autres madrikhim chevronnés, de tenir en main ces gosses turbulents, capables des tours les plus pendables, qui faisaient irruption dans la salle en patins à roulettes, sortaient par les portes pour redégringoler par les fenêtres cinq minutes après. J’ai vu mon père s’asseoir tranquillement, leur parler en hébreu, les inviter à rester. Ils étaient là, une cinquantaine, ils n’avaient pas plus de 10 ou 11 ans. Je me souviens du spectacle de cet homme mûr, au milieu du cercle, de cet homme étranger et vieillissant qui tel un magicien, deux heures durant, tint hypnotisés sous son charme, silencieux et ravis, cinquante diablotins suspendus à ses lèvres.

Ainsi, où qu’il ait roulé sa bosse, par les interminables voyages en train qui lui ont fait sillonner l’Europe entière, à une époque où il fallait vingt-quatre heures pour se rendre en Italie, où les chabbatot étaient longs, dans la chambre d’hôtel obscure, à déguster seul ses conserves, où qu’il ait débarqué, à Tunis, à Lisbonne, à Lausanne, notre père n’a jamais rien fait d’autre que de servir, se mettre à la portée. Ne pas imposer, du dehors, des valeurs ou des rigueurs étrangères. Mais faire germer, sur le terrain, la semence en attente. C’était toujours du dedans, à leur mesure et à leur rythme, qu’il donnait aux jeunes la capacité d’accéder à eux-mêmes. Il leur parlait d’égal à égal. Il ne leur apportait pas la bonne parole, il ne venait pas les sauver. Mais sa confiance était contagieuse. Chez les riches comme chez les pauvres, ashkenazim ou sefaradim, ignorants ou érudits, il savait trouver le ton, dénuder la fibre commune, sous les différences de comportement. Il était des leurs, à hauteur de regard, à hauteur de vie. Et les jeunes l’aimaient. Ils aimaient sa chaleur bourrue, sa familiarité pleine de tendresse. Et à travers elles, l’authenticité juive qu’il leur apportait.

Un jour, à Jérusalem, un chauffeur de taxi l’a reconnu : quinze ans plutôt, il avait été, lui aussi, un de ces bambins des rues à qui mon père avait offert de rejoindre le ma’hané. Ce qui lui en restait, outre l’éblouissement du souvenir, c’est d’avoir dû payer sa cotisation. Oui, il avait payé, comme les autres, un peu moins, bien sûr, mais quand même, un shekel pour l’été. Et de cette dignité rendue, il avait remonté la pente, et n’avait jamais oublié.

Ne pensez pas pourtant que tout fût facile. Il fallait gravir des montagnes. Mais papa était sportif. Il avait le souffle long. Et surtout, quand il tombait, il savait se ramasser. Combien de fois, m’a-t-il raconté, est-il revenu d’une réunion bredouille, combien de snifim (centres) chèrement montés qui se sont finalement atrophiés, de réalisations brusquement anéanties. Surtout dans l’immédiat après-guerre, les parents s’opposaient au départ des jeunes, à leur enrôlement, à leur judaïsation. Les mouvements rivaux lançaient des idéologies parallèles, sous des déguisements parfois séducteurs. Il n’y avait pas de moyens, pas de locaux, et plus d’une tentative avortait. Pourtant, quand l’un de ses fortins tombait, ce vieux général ne s’avouait pas vaincu. On le chassait d’ici, il revenait par là. Il y avait toujours une issue, quelque part. Ce n’était pas un Goliath, mais il avait les reins solides, et rien ne le faisait reculer. Posément, passionnément, il reprenait la route, une fois, deux fois, dix fois, avec une persévérance à long terme, une patience dans le détail, que rien ne pouvait distraire, que rien ne détournait de son but.

Et là encore, il me semble avoir manqué le secret, n’avoir rien dit de l’homme si particulier que fut notre père. Si présent, toujours. Fortement là, tout d’une pièce, blanc ou noir, vrai ou faux, sans demi-mesures ni faux fuyants. Soupe au lait, comme vous le connaissiez, avec de brusques orages d’été qui annonçaient le retour du ciel bleu. Et en même temps si fin dans la nuance, blagueur, goûtant le comique de chaque situation, avec ce sourire des yeux qu’il avait reçu des générations antérieures, cette tradition d’humour un peu triste, indulgent, d’humour pensif et courageux, où le peuple juif avait lové sa détresse. Un homme intègre, qui déclarait les fromages cachers à la frontière néerlandaise. Un juif de culture profane, qui récitait Shakespeare en anglais, Virgile en latin, et savait par cœur tous les couplets de la Marseillaise. Un homme qui répondait, quand maman restée seule à Paris, avec trois enfants, lui demandait à son retour à quoi ressemblaient Vienne, Copenhague, ou Florence : « ah, c’est une bonne ville, le snif du Bné y est en plein essor. » Un homme qui aurait mieux fait de terminer sa médecine, comme il disait, et qui jamais n’a mesuré l’ampleur de sa propre réussite.

Aujourd’hui, ce beau Centre de la rue de Lorraine prend son nom. Sachez, chers amis, que ces souliers où vous entrez le pied sont immenses, des bottes de 7 lieues. Mais sachez aussi que, dans l’esprit de notre père, chacun d’entre nous pouvait les chausser, qu’il suffisait de vouloir. De renoncer à ce qui, en nous, est mesquin, égocentrique ou jouisseur. Car ce ne sont là que peaux extérieures, des effets secondaires de notre personnalité. Profondément, l’homme est pur, sincère, profondément le juif est un grand juif. Il ne peut rien faire d’autre que d’être juif et grand. Il suffit de s’écouter. D’entendre, au fond de soi, ce qui demande à vivre vraiment.

C’est ce que nous vous souhaitons, à tous, c’est ce que nous nous souhaitons, afin de perpétuer réellement, comme il aurait voulu, le souvenir du grand rabbin Roitman. A tous, merci de cette belle initiative, de tout ce que vous avez donné, chacun à sa place, de temps et d’efforts, merci d’être venus. Mais dites-vous bien, tandis que nous nous congratulons, que de là où il est papa hoche la tête, en jaugeant la cérémonie, pas mal, pas mal du tout, mais qu’il vous attend - aux résultats.

Au nom de toute la famille, chalom à tous, et yichar kohakhem.


Soirée commémorative au siège de l’Agence juive

(sous l’égide du Bné Akiba mondial et de l’Organisation sioniste mondiale)

Quelques mois après la parution en hébreu du livre de Betty Rojtman sur les débuts du Bné Akiba en Europe (2009), le département de la jeunesse à l’Agence juive, en collaboration avec le bureau du Bné Akiba mondial, organise le 2 juin 2010 une soirée commémorative au siège de l’Agence juive à Jérusalem.

Zeev Schwarz, secrétaire général du Bné Akiba mondial

Y prendront la parole, entre autres personnalités : Avraham Duvdevani, président de l’Organisation Sioniste, Zeev Schwartz, secrétaire général du Bné Akiba, le professeur Yehuda Friedlander, recteur de l’Université Bar-Ilan. Le professeur Yaacov Rand et son épouse Bilha, qui ne sont plus en bonne santé, ainsi que son beau-frère le professeur Reuven Feuerstein, tous deux lauréats du Prix d’Israël, ont tenu à faire le voyage à Jérusalem pour assurer Mme Roitman de leur indéfectible amitié.


Inauguration au Centre Tzedek


Léa Roitman entre ses deux filles, Betty et Eliane.
Claude Bloch, président de Tzedek

Quelques années après le décès du grand-rabbin Roitman, le mouvement Tzedek dédie à sa mémoire sa grande salle de réunion. Une cérémonie d’inauguration, préparée par le comité directeur, réunit officiels et amis le 2 janvier 2011 dans les locaux du mouvement, au 20, rue Nikanor. Le député Zevulun Orlev, M. Richard Prasquier, président du CRIF, le professeur Benno Gross, assistent à la cérémonie. Claude Bloch, président de Tzedek, tient à remercier l’équipe de Tzedek, son comité, son directeur, Shlomi Amar, et ses deux bras droits, Olivier Olivier Granilic et Barak, qui a grandi dans le mouvement. La chorale de Tzedek, composée d’enfants retirés de leurs familles par décision judiciaire, assure la partie musicale. Pour sa dernière intervention publique, avant que la maladie ne la terrasse, Mme Léa Roitman, à 91 ans, prend la parole en hébreu. Elle est invitée à dévoiler le portrait du Rav Roitman sur l’un des murs de la salle.

Jacques Grouchko, membre du comité de Tzedek

Soirée commémorative au Centre communautaire de Paris


Paris, 25 janvier 2010. Sur l’initiative de son directeur, Raphy Marciano, le Centre communautaire de Paris a tenu à organiser une grande soirée commémorative en hommage au grand-rabbin Roitman. Malgré l’hiver particulièrement rigoureux, beaucoup « d’anciens », du Bné Akiba, de Thora Vezion ou de Tikvaténou, ainsi que de nombreuses personnalités du monde juif français sont venues honorer sa mémoire. On reconnaît, dans la salle, l’ancien ministre Lionel Stoleru, le général Robert Munnich, le directeur du CASIP Gabriel Vadnaï et bien d’autres. Parmi les orateurs, le rabbin David Messas, grand-rabbin de Paris, le grand-rabbin Alain Goldman, le député Claude-Gérard Marcus, Moïse Cohen, président du Consistoire de Paris. Le Dr Samuel Levy, spécialement arrivé du Portugal, vient dire sa reconnaissance au rabbin Roitman, à qui la communauté juive de Lisbonne doit sa résurrection. . Mme Léa Roitman, elle, a fait le voyage depuis Jérusalem. Pour la première fois de sa vie, elle prendra la parole en public. A la fin de son discours, le public se lève et l’applaudit longuement.

Soirée commémorative (2010) - Intervenants: Raphaël Marciano, Mme Léa Roitman, Jean-Paul et Thérèse Léon (Thora Vezion), grand rabbin Messas, Albert Myara (Le Kremlin Bicêtre), Julien Roitman, grand rabbin Goldman, Claude-Gérard Marcus (mairie de Paris), Dr Samuel Levy (Portugal), Moïse Cohen (Consistoire de Paris).

"https://youtu.be/cmg4cImuC0g"